80 Graham COLLINS
The Village



Vernissage le 5 juin 2015, de 19 à 21 heures
Exposition du 5 juin au 25 juillet 2015
Du mardi au samedi, de 11h à 12h30 et de 14h à 19h

Intitulée The Village, la première exposition personnelle de Graham COLLINS (né en 1980 à Washington DC, vit et travaille à New York) réunit un ensemble de nouvelles œuvres qui mêlent peinture et sculpture en un assemblage oxymorique de ruine chaotique et de composition ordonnée. Graham COLLINS développe dans son travail un système basé sur le réemploi de matériaux et le recyclage, et bouleverse le statut des objets qu'il emploie par leur transformation et leur association. Ainsi que l'artiste se plaît à les désigner, les œuvres présentées répondent à quatre "typologies" différentes. Elles constituent autant de séries distinctes qui font chacune un usage inattendu de matériaux trouvés, sauvegardés ou recyclés.

Avec ses sculptures aux formes libres, Graham COLLINS se joue avec humour des codes de la sculpture moderniste. Les sept sculptures en métal présentées dans l'espace de la galerie sont constituées d'objets en métaux divers : certains sont récupérés sur le trottoir au gré des déplacements de l'artiste dans les rues de New York, d'autres sont des éléments coulés en bronze par l'artiste à partir de chips de pommes de terre ondulées, de brosse à dents, ou encore de frites de banane plantain. Les œuvres ainsi réalisées produisent un contraste réjouissant entre la banalité des objets sélectionnés et la semi-préciosité du bronze.

Composées de multiples fragments de toiles achetées dans des brocantes, sur internet ou lors de ventes aux enchères, et réalisées à l'acrylique ou à l'huile par des artistes parfois non-professionnels, la série des Sewn Paintings, ou "peintures cousues", réinterprètent l'énigme contemporaine du statut de l'auteur. Ces œuvres à l'esthétique moderniste sont des assemblages de toiles figuratives tantôt naïves ou réalistes, kitsch ou expressionnistes. Ces compositions d'une grande rigueur d'assemblage cultivent une poétique du cut-up héritée de la littérature américaine.

La série des X-ray Paintings, ou "peintures aux rayons X", sont des huiles sur toile reproduisant fidèlement des radiographies de toiles anciennes réalisées à des fins de conservation muséale. Celles-ci font apparaître les structures sous-jacentes des peintures, voire parfois une ou plusieurs peintures préexistantes sous la surface visible. Elles révèlent ainsi leur face cachée et leurs secrets de fabrication, autant que leurs vies antérieures. Chaque œuvre emprunte à son modèle original des techniques de reproduction classiques – calque, mise au carreau – ainsi que l'emploi de la peinture à l'huile, mais n'en représente que le mystérieux squelette. Le sujet et le motif de la toile originale demeurent, eux, invisibles.

Enfin, derrière les vitres teintées des Window Tint Paintings se dissimulent des toiles peintes à la bombe ou simplement enduites, serties dans un écrin de vieux morceaux de bois abîmés. Ces peintures combinent les canons de la peinture abstraite avec le goût de l'artiste pour les formes normatives artisanales comme la menuiserie ou les films autocollants vendus en grandes surfaces qui permettent à tout un chacun de teinter les vitres de sa voiture. Ces œuvres à la surface scintillante ne se laissent pas dévoiler et renvoient au spectateur sa propre image.