marcbijl Marc BIJL
Afterhours

Vernissage le vendredi 13 janvier 2006, de 18 à 21 heures
Exposition du 14 janvier au 3 mars 2006, du mercredi au samedi, de 14 à 19 heures


Logos, symboles et autres manifestations de l'esthétique post-capitaliste sont au centre du travail de l'artiste hollandais Marc BIJL. Utilisant avec réactivité le support le plus adapté à chaque situation – installations, sculptures, vidéos, interventions (souvent illégales) dans l'espace public, posters, stickers etc. –, il déploie une esthétique iconoclaste et subversive, influencée par les sous-cultures punk et gothique.
Marc BIJL questionne les symboles du pouvoir – qu'il soit politique, religieux ou marchand –, aussi bien que ceux de la contestation pour en démonter les mécanismes et les enjeux, et les renvoyer dos à dos. Re-contextualisant les représentations simplistes derrière lesquelles se cachent des structures de pouvoir beaucoup plus complexes, il en montre les paradoxes, n'hésitant pas au passage à déconstruire son propre langage de la subversion.

Pour sa première exposition à Paris, Marc BIJL présente Afterhours, une installation monumentale figurant un terrain de basket stylisé. Ceinturée de barrières et de barbelés, nimbée de brouillard, l'œuvre rappelle un terrain de basket de rue dans un ghetto ou dans une prison. Mais, avec ses limites au sol en tubes fluorescents et son atmosphère irréelle, l'installation évoque également le plateau de tournage d'une vidéo musicale esthétisante ou d'une publicité pour un équipementier sportif, qui font du terrain de sport l'arène où s'affrontent les gladiateurs des jeux du cirque modernes.
À travers l'imagerie agressive et les mises en scène dramatiques développées par ces marques, et ici reprises par Marc BIJL, le terrain de basket devient ainsi, au-delà de sa fonction initiale, un symbole, un logo. Après les sigles des marques (par exemple le "Swoosh" de Nike), les individus (tel Che GUEVARA, dont le sens de l'action s'est romantisé à mesure que son visage fleurissait sur les T-shirts) et les événements (comme l'attaque contre le World Trade Centre), l'espace public est devenu un symbole à part entière, faisant l'objet d'une véritable "logo-isation".
Se gardant de porter quelque jugement, Marc BIJL se contente de reformuler et d'étendre le constat déjà fait par l'écrivain Herman HESSE dans son ouvrage Le Loup des steppes (1927), dont un extrait est tagué sur un mur de la salle d'exposition, qui prévenait déjà contre la manipulation des esprits et a inspiré un romantisme noir en réaction à ce phénomène. Marc BIJL participe même volontairement à la confusion en proposant une installation qui ajoute à la force de séduction du système qu'elle met en lumière.

En parallèle, Marc BIJL montre également une œuvre vidéo tournée dans des rues new yorkaises désertées, dont l'atmosphère évoque celle de l'installation.


Marc BIJL, né en 1970 à Leerdam (Pays-Bas), vit et travaille à Rotterdam. Son travail a récemment, et entre autres, été montré dans les expositions Superstars, The Celebrity Factor: From Warhol to Madonna (Kunsthalle et CA Kunstforum, Vienne), Emergencies (Museo de Arte Contemporáneo de Castilla y León, León), Populism (Stedelijk Museum, Amsterdam ; National Museum of Art, Oslo ; Frankfurter Kunstverein ; Contemporary Art Centre, Vilnius), On Patrol (De Appel, Amsterdam), Premieres (Museum of Modern Art, New York).